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Panorama de l’ESS 2026 : les chiffres qui montrent le poids réel de l’économie sociale et solidaire en France

L’économie sociale et solidaire (ESS) occupe-t-elle encore une place à part dans l’économie française ? Le nouveau Panorama de l’ESS 2026, publié le 8 septembre par l’Observatoire national de l’ESS, apporte un éclairage concret sur le poids du secteur et sur la diversité de ses activités.

Avec 146 804 entreprises, 13,44 % de l’emploi privé et environ 22 millions de bénévoles, l’ESS représente aujourd’hui bien plus qu’un ensemble d’organisations spécialisées dans l’action sociale ou le monde associatif.

Santé, alimentation, environnement, finance, culture, services, emploi, logement, tourisme ou encore transition écologique : l’économie sociale et solidaire est présente dans de nombreux pans de la vie économique et sociale.

Alors, que représentent réellement ces chiffres ? Et que disent-ils de la place de l’ESS dans l’économie française ?

L’ESS en chiffres : trois données à retenir en 2026

Le nouveau Panorama de l’ESS permet d’abord de prendre la mesure du secteur à travers quelques chiffres particulièrement révélateurs.

13,44 % de l’emploi privé

En France, 13,44 % de l’emploi privé relève de l’économie sociale et solidaire.

Ce chiffre permet de dépasser une vision parfois réductrice de l’ESS. Loin d’être un secteur marginal, elle représente une part significative de l’emploi privé et participe directement au fonctionnement de nombreux territoires et filières.

L’ESS constitue ainsi un employeur important dans des activités liées notamment à la santé, à l’action sociale, aux services, à la culture, au sport ou encore à l’accompagnement des personnes.

146 804 entreprises et organisations

Le Panorama 2026 recense 146 804 entreprises de l’ESS.

Derrière ce chiffre se trouve une grande diversité de structures et de modèles. L’ESS rassemble notamment des associations, coopératives, mutuelles, fondations et sociétés commerciales de l’ESS.

Ces organisations peuvent donc avoir des tailles, des activités et des modes de fonctionnement très différents, tout en partageant un cadre et des principes communs.

22 millions de bénévoles

Autre chiffre marquant : environ 22 millions de bénévoles participent à la vie des organisations de l’ESS.

Cette donnée rappelle que l’économie sociale et solidaire ne se mesure pas uniquement en nombre d’entreprises ou d’emplois. Elle repose également sur une importante mobilisation citoyenne.

Le bénévolat constitue notamment un élément essentiel du fonctionnement de nombreuses associations et contribue à faire de l’ESS un espace d’engagement, de participation et d’action collective.

13,44 % de l’emploi privé, 146 804 entreprises et 22 millions de bénévoles : ces chiffres montrent que l’ESS est profondément ancrée dans l’économie et la société françaises.

Mais au fait, qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ?

L’ESS désigne un mode d’entreprendre qui cherche à concilier activité économique et utilité sociale.

En France, elle repose notamment sur plusieurs principes : l’utilité collective ou sociale et/ou environnementale du projet, une gouvernance démocratique et une lucrativité limitée ainsi qu’une répartition spécifique des excédents.

Elle ne correspond donc pas à un secteur d’activité unique.

C’est un point essentiel pour comprendre les chiffres du Panorama 2026 : l’ESS n’est pas une filière, mais une manière d’organiser et de conduire une activité économique.

Une coopérative agricole, une mutuelle de santé, une association culturelle, une structure d’insertion, une entreprise adaptée ou encore une société commerciale de l’ESS peuvent ainsi appartenir à des univers économiques très différents.

Le ministère de l’Économie rappelle d’ailleurs que l’ESS intervient dans des domaines aussi variés que la santé, l’habitat, la petite enfance, le commerce équitable ou encore les transports.

L’ESS est présente dans presque tous les domaines de notre quotidien

L’un des principaux enseignements à tirer du Panorama 2026 est donc la transversalité de l’économie sociale et solidaire.

Santé et action sociale

La santé et l’action sociale constituent des domaines historiques de l’ESS.

Associations, mutuelles et structures non lucratives jouent notamment un rôle dans l’accompagnement des personnes âgées, le handicap, les services à domicile, la petite enfance ou encore l’accès aux soins.

L’ESS intervient ainsi dans des activités qui répondent directement à des besoins sociaux et territoriaux.

Alimentation et agriculture

L’économie sociale et solidaire est également présente dans les transformations des modèles alimentaires et agricoles.

Coopératives, circuits courts, initiatives locales, lutte contre le gaspillage alimentaire ou projets favorisant une alimentation plus durable illustrent cette capacité à articuler activité économique, ancrage territorial et enjeux environnementaux.

Environnement et transition écologique

La transition écologique constitue un autre champ important pour les acteurs de l’ESS.

Réemploi, économie circulaire, mobilité durable, gestion des ressources, énergie, agriculture durable ou encore réduction des déchets : de nombreuses structures développent des solutions économiques répondant à des enjeux environnementaux.

L’État identifie d’ailleurs explicitement l’ESS comme un acteur des transitions, notamment dans les domaines de l’alimentation durable, de l’énergie, de la mobilité ou du logement.

Finance et épargne solidaire

L’ESS intervient également dans le domaine financier.

La finance solidaire et l’investissement à impact permettent notamment de financer des projets à finalité sociale ou environnementale.

Ce champ illustre une autre caractéristique de l’ESS : la volonté de mobiliser les mécanismes économiques et financiers au service de projets ayant une utilité collective.

Culture, sport et tourisme

L’ESS est aussi présente dans des secteurs souvent associés au lien social et à la vie des territoires.

Associations culturelles, clubs sportifs, structures de tourisme social et solidaire ou initiatives locales participent ainsi à l’accès aux loisirs, à la culture et aux activités collectives.

Cette diversité montre que l’ESS ne se limite pas aux secteurs traditionnellement identifiés comme « sociaux ».

L’ESS, une économie fortement ancrée dans les territoires

Autre caractéristique importante : l’ESS entretient un lien particulièrement étroit avec les territoires.

Les structures de l’ESS sont présentes dans les grandes villes comme dans les territoires ruraux et ultramarins. Leur activité répond souvent à des besoins identifiés localement : maintien d’un service, accès aux soins, mobilité, alimentation, emploi, logement, culture ou accompagnement des publics.

Cette dimension territoriale explique aussi pourquoi l’ESS peut constituer un levier de développement local.

Elle permet de créer ou de maintenir des activités économiques tout en répondant à des problématiques sociales et environnementales propres à chaque territoire.

Le réseau des Chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (CRESS) compte aujourd’hui 17 entités régionales, qui contribuent notamment à promouvoir et développer l’ESS dans les territoires.

Une économie importante… mais qui connaît aussi des tensions

Les chiffres du Panorama 2026 ne doivent toutefois pas être interprétés comme le signe d’une économie sans difficultés.

L’ESS représente un poids important dans l’emploi et dans la vie économique française, mais certaines structures évoluent dans un contexte économique et financier contraint.

L’Observatoire national de l’ESS signalait notamment en avril 2026 une perte de 10 447 emplois entre décembre 2024 et décembre 2025.

Cette donnée apporte un élément de contexte important : le poids de l’ESS est réel, mais son développement n’est pas automatique.

Les associations et autres organisations de l’ESS doivent notamment composer avec leurs modèles économiques, leurs besoins de financement, leurs ressources humaines et les évolutions des politiques publiques.

La question n’est donc plus seulement de mesurer la place de l’ESS dans l’économie française, mais aussi de comprendre les conditions nécessaires à la pérennité et au développement de ses activités.

Pourquoi ces chiffres sont-ils importants ?

Les données du Panorama 2026 permettent surtout de changer de perspective.

Pendant longtemps, l’économie sociale et solidaire a parfois été présentée comme une économie « à côté » de l’économie traditionnelle.

Les chiffres montrent une réalité plus complexe.

Avec 13,44 % de l’emploi privé, près de 147 000 entreprises et 22 millions de bénévoles, l’ESS est déjà intégrée à de nombreux pans de l’économie française.

Elle produit des biens et des services, crée des emplois, structure des filières, accompagne des populations, contribue aux transitions et participe à la vitalité des territoires.

La véritable question n’est donc peut-être plus de savoir si l’ESS fait partie de l’économie française.

Elle en fait déjà partie.

La question est plutôt de savoir quelle place elle occupera demain et dans quelle mesure ses modèles pourront répondre aux transformations économiques, sociales et environnementales à venir.

Vers une ESS de plus en plus stratégique ?

Cette question prend une dimension particulière en 2026.

Le 9 juillet 2026, le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire a adopté la première stratégie nationale de développement de l’ESS, avec un horizon fixé à 2030. Cette stratégie vise notamment à mieux reconnaître le rôle de l’ESS, à faciliter son financement, à accompagner les transitions et à favoriser le développement des innovations sociales.

Cette évolution traduit une reconnaissance croissante de l’ESS comme composante de l’économie française.

Elle intervient également dans un contexte où les entreprises et organisations sont confrontées à plusieurs transformations simultanées : transition écologique, vieillissement de la population, évolution du travail, nouvelles attentes des consommateurs, recherche de sens et transformation des territoires.

Dans ce contexte, les modèles développés par les acteurs de l’ESS constituent un terrain particulièrement intéressant pour expérimenter de nouvelles façons de produire, de consommer, de financer et de coopérer.

Ce que le Panorama 2026 nous dit réellement de l’ESS

Au-delà des chiffres, trois enseignements peuvent être retenus.

Premièrement, l’ESS est une composante significative de l’économie française. Avec plus d’un emploi privé sur huit relevant de l’ESS, son poids ne peut plus être considéré comme marginal.

Deuxièmement, l’ESS est profondément diversifiée. Elle intervient dans la santé, l’action sociale, l’alimentation, l’environnement, la finance, la culture, le sport, le tourisme, les services et de nombreux autres secteurs.

Troisièmement, son développement pose des enjeux économiques autant que sociaux et environnementaux. La question de son financement, de ses emplois, de son changement d’échelle et de sa capacité à répondre aux transitions devient donc centrale.

Le Panorama 2026 permet ainsi de mieux comprendre une réalité souvent moins visible qu’elle ne devrait l’être : l’économie sociale et solidaire n’est pas une économie périphérique. Elle constitue une partie importante du paysage économique français.

Conclusion : l’ESS n’est plus une économie à part

Alors, l’ESS est-elle encore une économie à part ?

Les chiffres du Panorama 2026 invitent à nuancer cette représentation.

Avec 146 804 entreprises, 13,44 % de l’emploi privé et 22 millions de bénévoles, l’économie sociale et solidaire est solidement implantée dans la société française.

Son originalité ne tient donc pas à une position extérieure à l’économie, mais à la manière dont elle cherche à articuler activité économique, utilité sociale, gouvernance et ancrage territorial.

Et c’est probablement là que se situe l’un des principaux enjeux des prochaines années : non seulement faire connaître davantage l’ESS, mais comprendre comment ses modèles peuvent continuer à évoluer, à innover et à contribuer aux grandes transformations économiques et sociales.

Le Panorama de l’ESS 2026 constitue à ce titre un outil précieux pour mesurer cette réalité et mieux comprendre la place que l’économie sociale et solidaire occupe déjà dans notre quotidien.

À retenir

  • 146 804 entreprises de l’économie sociale et solidaire

  • 13,44 % de l’emploi privé en France

  • 22 millions de bénévoles

  • Une présence dans de nombreux secteurs : santé, action sociale, alimentation, environnement, finance, culture, sport, services, tourisme…

  • Une forte implantation dans les territoires

  • Une nouvelle stratégie nationale de développement de l’ESS adoptée en juillet 2026, avec un horizon 2030

Source principale : Observatoire national de l’ESS / ESS France, Panorama de l’ESS, édition 2026 : Ce que l’ESS apporte à la société, publié le 8 septembre 2026.

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